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Un lien entre dépenses publiques et taux de chômage?

Un certain nombre d’observateurs s’alarment du niveau des dépenses publiques en France, parmi les plus élevés d’Europe, et en progression depuis la crise. Et font le lien avec un chômage qui continue de progresser, alors qu’il a nettement reculé dans certains pays voisins.

C’est le cas par exemple de l’ancien PDG d’Essilor, Xavier Fontanet.

Pourtant, ce lien ne semble en rien confirmé par l’étude des situations comparées des différents pays européens. On trouve ainsi des situations de fort et même de très fort chômage avec des ratios de dépenses publiques / PIB plutôt modestes dans certains pays, tandis que des taux de chômage faibles semblent pouvoir coexister avec des dépenses publiques excédant les 50% du PIB.

De même, l’étude de la situation de l’Allemagne, et de son très faible chômage actuel – souvent évoqué par les mêmes observateurs, considérant que l’écart de situation à ce sujet avec la France vient de la différence de niveau des dépenses publiques -, ne paraît pas pertinent. En effet, si le taux de chômage a fortement reculé en Allemagne depuis 10 ans, le niveau des dépenses publiques n’a pas sensiblement évolué (les faibles variations constatées correspondant d’abord à la dynamique du dénominateur du ratio, à savoir le PIB).

Tout porte donc à penser que les déterminants principaux du taux de chômage ne sont pas dans les niveaux de dépenses publiques (au demeurant largement expliqués par l’importance de la socialisation de la protection sociale obligatoire), mais dans d’autres facteurs. En particulier, le cas allemand semble montrer qu’un mouvement significatif de libéralisation du marché du travail peut avoir des effets majeurs sur le taux de chômage, indépendamment de l’ampleur des dépenses publiques.