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Services d’information et de communication, un secteur déjà déclinant ?

Bien qu’hétéroclites et en pleine mutation, les services d’information et de communication regroupent parmi les activités jugées les plus dynamiques, soutenues par des évolutions technologiques très médiatiques. Figurent ainsi dans cette branche d’activité, au sens de la comptabilité nationale, les activités informatiques et services d’information (logiciels spécifiques, traitement et hébergement de données, conception et gestion de système informatiques, portails de recherche Internet), les services de télécommunications (dont téléphonie fixe et mobile) et ceux d’édition et d’audiovisuel (éditions de livres, journaux, logiciels standards, mise à disposition de contenus sous toute forme – imprimée, CD-Rom, Internet… -, production et distribution de films, vidéos, programmes de télévision, enregistrement sonore et édition musicale, programmation et diffusion radio et télévisuelle).

Une activité qui a culminé au début des années 2000

Comme le souligne l’Insee dans une étude publiée le 10 novembre, la part de ces activités a progressé en France de 3,5% du PIB en 1980 à 4,4% en 2014. Mais cette proportion, qui avait fortement progressé jusqu’au début des années 2000, a légèrement reculé depuis.

Naturellement, l’énumération du détail de ces activités peut laisser penser que la croissance des unes a été en partie compensée par le ralentissement ou le recul des autres. Mais même si l’on s’intéresse par exemple à la seule sous-branche des activités informatiques et services d’information, il est intéressant de noter que leur part dans le PIB est quasi identique aujourd’hui (2,12% en 2014) à ce qu’elle était déjà en 2001 (2,11%).

Des évolutions qui pourraient laisser à penser que ces activités ont certainement joué un rôle d’entraînement important, en particulier lors de la forte croissance des années 90 (leur propre croissance étant alors encore plus rapide que l’ensemble de l’économie). Mais depuis, et notamment dans la période la plus récente, leur part recule légèrement, alors même que la croissance économique est au mieux modeste.

Une évolution similaire en Europe

Par ailleurs, cette situation n’est pas propre à la France. Dans les autres grands pays européens, l’évolution est assez semblable : un pic au début des années 2000 (entre 2001 et 2004), et une stagnation ou décroissance plus ou moins prononcée depuis. Cela valant y compris dans les pays qui ont une activité très forte dans ces domaines, comme le Royaume-Uni (pour lequel l’Insee cite l’importance des filiales d’entreprises informatiques américaines qui y sont implantées et les services propres à la place financière de Londres).

A noter toutefois que l’Irlande présente un autre profil, avec une part de ces services au plus haut, au-dessus de 10% du PIB, en 2014 (là plus encore, l’importance des filiales d’entreprises étrangères de ce secteur joue un rôle particulier).

La demande des agents économiques

Au-delà de l’activité sur le sol national, l’Insee présente également quelques informations sur les usages de ces services du point de vue des consommateurs et des entreprises. Une vision importante, d’autant qu’une part significative de ces services serait importée.

On observe ainsi pour les entreprises une réelle divergence entre l’investissement en software, qui représente une part toujours plus importante de leurs investissements totaux, et l’investissement en hardware, qui a décru à partir du début des années 2000.

Pour l’investissement en logiciels et bases de données des entreprises, l’institut observe qu’il s’agit surtout de logiciels spécifiques, dont les achats augmentent beaucoup plus vite que ceux des logiciels standards. Mais on observera que pour l’ensemble de la catégorie logiciels et bases de données, leur progression dans l’investissement total des entreprises est là aussi beaucoup moins vive depuis le début des années 2000.

S’agissant des ménages, l’Insee s’intéresse à la consommation en valeur de différents services. Une approche en valeur certainement justifiée par des effets prix très importants. Ainsi, la pénétration des services de téléphonie fixe et mobile dans la population ne recule pas mais a fortement diminué en valeur depuis le début des années 2010, avec la guerre des prix entre opérateurs. Des activités se sont effondrées, comme l’achat de CD, tandis que certaines résistent bien, comme les livres.

La consommation des ménages en services d’information et de communication aura culminé, elle également, en 2004, à 5,7% du total. Elle était retombée en 2014 à 4,2% de la consommation totale des ménages.

Aux Etats-Unis également, un secteur dont la part ne progresse plus dans l’économie

Enfin, aux Etats-Unis, les données montrent un secteur dont la part dans le PIB a culminé en 2004, après avoir sensiblement progressé dans les années 90. Depuis, cette proportion fluctue, légèrement en-dessous de 5% du PIB.