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Quelles réactions des agents économiques après des attentats majeurs ?

Quel pourrait être l’impact pour l’économie française des attentats du 13 novembre 2015 ? Alors que la croissance française apparaissait encore fragile, beaucoup s’inquiètent des conséquences des attentats et des mesures de sécurité renforcée prises à leur suite sur l’activité économique du pays.

S’il n’y a pas de cadre théorique clair pour évaluer de tels impacts, il est possible de s’intéresser aux conséquences d’attentats majeurs subis dans d’autres pays présentant suffisamment de similitudes avec la France. Trois situations sont ici retenues : les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, du 11 mars 2004 en Espagne et du 7 juillet 2005 au Royaume-Uni.

11 septembre 2001 : un choc très temporaire sur l’économie américaine

Les attentats du 11 septembre 2001 restent de loin les plus meurtriers et spectaculaires dans un pays occidental. Au bilan humain considérable, il faut ajouter qu’au point de vue économique, l’activité aérienne a été fortement perturbée et un quartier entier à l’activité économique stratégique dévasté, au sud de Manhattan (la bourse américaine a d’ailleurs été fermée jusqu’au 17 septembre 2001).

Pour autant, les agents économiques semblent n’avoir été perturbés qu’un temps très court. Ainsi, l’indice de confiance des consommateurs américains, qui reculait les mois précédant les attentats (avec notamment l’éclatement de la « bulle Internet »), va certes chuter encore un peu plus en septembre 2001, mais il se rétablira dès janvier 2002 à son niveau d’août 2001 (un niveau d’ailleurs relativement élevé en moyenne historique).

De la même façon, la consommation va être affectée de manière très temporaire. En volume, on note bien une chute en septembre 2001, mais une sorte de surréaction à la hausse en octobre, avant une normalisation par la suite, sans que la tendance de fond paraisse affectée.

En revanche, le transport aérien aux Etats-Unis a été très affecté par les attentats, avec une chute de plus de 45% du trafic en septembre et un rebond seulement partiel dans les mois qui ont suivi (données non désaisonnalisées et portant sur les seules compagnies américaines – environ 90% du trafic aérien total aux Etats-Unis).

11 mars 2004 et 7 juillet 2005 : les économies espagnole et britannique résistent

Deux capitales européennes ont connu des attentats multiples et coordonnés d’une grande violence avant Paris ce 13 novembre. A Madrid, le 11 mars 2004, près de 200 personnes étaient tuées dans des trains de banlieue. A noter que ces attentats ont eu lieu à trois jours des élections générales espagnoles : alors que le gouvernement du conservateur José Maria Aznar va d’abord les attribuer aux séparatistes basques de l’ETA, ils s’avéreront en fait très vite avoir été commis par des islamistes. Dans un contexte de forte impopularité de l’engagement espagnol en Irak, c’est finalement l’opposition socialiste qui remportera ces élections de mars 2004. Un changement politique à prendre en compte dans l’analyse notamment des indicateurs de confiance des agents économiques à cette période. A Londres, le 7 juillet 2005, les attentats toucheront aussi les moyens de transport, et feront plus de 50 morts.

Dans les deux pays, aucune spécificité dans les évolutions de la confiance des ménages n’est perceptible aux moments respectifs des attentats qui les ont frappés. L’indice monte en Espagne en mars et avril 2004, ainsi qu’en juillet 2005 au Royaume-Uni (le recul de l’indice les mois suivants semble correspondre à une tendance qui était déjà en cours avant juillet).

De même, la confiance des milieux économiques ne paraît pas affectée par les attentats dans chacune des deux capitales. En 2004 en Espagne, le climat économique évolue à l’unisson de la confiance des consommateurs, tandis que la chute de cet indice de confiance au Royaume-Uni précède les attentats de juillet 2005, et qu’il va remonter ensuite.

Si l’on s’intéresse cette fois à une donnée d’activité effective et non un indice de confiance, on observe également que le commerce de détail paraît à peu près insensible à la période des attentats dans les deux pays considérés.

En revanche, on peut relever un vrai trou d’air pour le tourisme étranger en Espagne après les attentats du 11 mars 2004, une activité importante pour ce pays. Tandis que si un ralentissement très temporaire de la croissance de ce secteur apparaît au Royaume-Uni en juillet-août 2005, il reste en expansion et aucune tendance nette ne se dégage, la série semblant très volatile.

Les articles de la rédaction de Facta Media.


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