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Prévisions d’automne de la Commission européenne : la France à la peine

La Commission européenne a publié ce jour ses « prévisions d’automne », qui détaillent les évolutions attendues non seulement de l’économie mais aussi des finances publiques des pays membres.

Dans un contexte d’amélioration relative de la conjoncture dans l’ensemble de l’Union, et de perspectives relativement stables par rapport à celles publiées au printemps, des écarts importants entre les pays s’observent, notamment au titre de l’évolution des finances publiques.

Croissance : la France en retard sur la zone euro au moins jusqu’en 2017

La Commission européenne a révisé sensiblement à la baisse la prévision de croissance de la France en 2016, qui n’est plus que de 1,4% au lieu de 1,7% au printemps – une prévision qui était de fait un peu supérieure à celle du consensus et même de Bercy (voir ces écarts en fin d’article).

D’une manière générale, la croissance française resterait en retard sur le niveau enregistré en moyenne en zone euro, et tiré notamment par les pays en rattrapage comme l’Espagne, mais également à distance de la croissance allemande. Un déficit de croissance par rapport à la moyenne de la zone chaque année sur la période 2014-2017, mais qui irait toutefois en se réduisant.

La performance française apparaît encore plus médiocre à l’échelle de l’ensemble de l’Union européenne à 28, la France étant respectivement 24ème, 23ème et 25ème sur 28 en 2015, 2016 et 2017 pour le taux de croissance. A noter que la Grèce serait le seul pays en récession sur la période, en 2015 et en 2016, avant de rebondir en 2017, tandis que les prévisions de la Commission au printemps faisaient encore état d’une croissance positive en Grèce cette année et l’année prochaine.

Déficit public : la France serait le plus mauvais élève de la zone euro en 2017

La situation des finances publiques ne s’améliorerait que beaucoup trop lentement en France, selon la Commission, le pays devant ainsi selon elle ne pas respecter son engagement d’un déficit inférieur à 3% en 2017 – objectif pourtant déjà repoussé à plusieurs reprises ces dernières années. Ce qui pourrait entraîner des sanctions contre la France. En 2017, la France serait même en dernière position de toute la zone euro, avec un déficit plus élevé que partout ailleurs (seules la Croatie et la Roumanie faisant moins bien dans l’UE 28).

Des pays dans une situation budgétaire plus dégradée que la France en 2015, comme l’Espagne et même la Grèce, ou encore le Royaume-Uni en dehors de la zone euro, verraient ainsi leur déficit se réduire beaucoup plus rapidement qu’en France au cours des deux prochaines années.

Endettement public : les écarts se creusent, la dette de la France augmente encore

Conséquence logique de ces mauvaises performances en termes de déficit et d’une croissance un peu à la traîne, la France verrait son ratio d’endettement public continuer à augmenter jusqu’au moins en 2017, d’après la Commission européenne. Là aussi, la situation française se distinguerait de celle des moyennes de l’Union européenne et de la zone euro, où la décrue du ratio d’endettement serait engagée.

L’Allemagne maintenant au contraire des excédents budgétaires sur toute la période, et une croissance plus dynamique, la divergence des trajectoires de dette publique entre la France et l’Allemagne se creuserait encore davantage. Alors que l’écart entre les ratios d’endettement public des deux pays n’était que de 7 points en 2011, il serait de 32 points en 2017.

Entre la Commission et Bercy, des écarts significatifs

Ces prévisions de la Commission européenne sont intéressantes à rapprocher de celles figurant dans le rapport économique, social et financier du projet de loi de finances pour 2016, en cours de discussion au Parlement.

Si Bercy ne pêche pas par trop d’optimisme en matière de croissance – seulement 0,1 point de plus en 2016 et -0,2 point e 2017 -, les écarts sont plus nets en matière de finances publiques. Ainsi, la Commission voit le déficit public de notre pays à 3,3% en 2017, au-dessus du fameux objectif de 3%, là où Bercy maintient sa prévision de 2,7%. Et pour la Commission européenne, le ratio d’endettement public continuerait à progresser au cours des deux prochaines années, certes à un rythme ralenti, tandis que Bercy attend sa stabilisation en 2017.

Les articles de la rédaction de Facta Media.


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