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Les évolutions du chômage depuis la crise

Comme tous les mois, l’annonce des chiffres du nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi (différent des chômeurs au sens du BIT) donne lieu à de nombreux commentaires, et généralement, depuis hélas plusieurs années, sur l’ampleur de la hausse et comment la qualifier. En l’espèce, au mois d’octobre, la hausse est très importante en catégorie A (+42 000 en métropole), moins forte en catégories A, B et C (+13 100).

Mais cette approche en nombre ne permet pas de bien apprécier les rythmes d’évolution du chômage sur moyenne période. C’est pourquoi le graphique ci-dessous présente les évolutions en pourcentage sur 12 mois du nombre de demandeurs d’emploi sur les trois grands périmètres généralement retenus. Ce qui fait mieux ressortir l’intensité des différentes phases de la crise.

Dans cette hausse quasi-constante depuis 2008, la structure du chômage a également connu de fortes évolutions. Trois aspects méritent une attention particulière.

Tout d’abord, le nombre de chômeurs selon leur ancienneté a beaucoup varié, avec une augmentation spectaculaire du chômage de longue durée (inscription depuis au moins un an) et même de très longue durée (depuis au moins trois ans). En octobre 2015, la durée moyenne d’inscription des demandeurs d’emploi atteint ainsi un nouveau record, à 568 jours.

Autre fait saillant assez peu commenté, l’évolution du chômage des plus jeunes et des plus âgés. Les premiers représentent une part en forte décroissance (et en fait un nombre à peu près constant ces dernières années), leur chômage ayant été sûrement en partie jugulé par la multiplication des dispositifs publics favorables à leur embauche. En revanche, le chômage des plus de 50 ans atteint un niveau record.

Dernière particularité marquante de l’évolution du chômage ces dernières années, les chômeurs employés quasiment à plein temps. Non pas un oxymore, mais la hausse très forte du nombre d’inscrits en catégorie C ayant travaillé au moins 120 voire au moins 151 heures, soit presque un plein temps. Les explications divergent au sujet de ce qui peut sembler une bizarrerie statistique, mais beaucoup pointent des personnes employées dans un contrat relativement précaire ou insatisfaisant et continuant de s’inscrire à Pôle emploi, ou s’y inscrivant à nouveau en vue d’une future recherche.