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La géographie du vote au premier tour des primaires de la droite et du centre

 
François Fillon a donc littéralement écrasé le premier tour de la primaire de la droite et du centre ce dimanche 20 novembre, alors qu’il était donné encore à environ 20 points du duo de tête Juppé-Sarkozy à trois semaines du scrutin.

Sa domination est totale, puisqu’il l’emporte dans 87 des 96 départements de métropole, contre uniquement 7 départements (dans le Sud-Ouest et en Seine-Saint-Denis) pour Alain Juppé et les 2 départements corses pour Nicolas Sarkozy.

Il est particulièrement fort dans le quart nord-ouest, mais aussi dans les départements de l’est de la France, des terres traditionnelles de la droite.


 

Alain Juppé a pour sa part obtenu un score nettement inférieur à son rival, avec toutefois le maintien d’une domination locale dans le Sud-Ouest, mais aussi de bons scores en région parisienne, et une avance confortable sur le troisième, Nicolas Sarkozy.

Les électeurs de gauche se sont-ils mobilisés en sa faveur lors de cette primaire, comme l’ont laissé entendre un certain nombre de ses adversaires mais aussi des observateurs du scrutin ? C’est d’autant plus vraisemblable lorsqu’on rapproche les résultats par département d’Alain Juppé à cette primaire de ceux de François Hollande lors du premier tour de la présidentielle de 2012 : la corrélation est significative (hors Gironde, Sarthe et Corse, aux spécificités prononcées en l’espèce).

Nicolas Sarkozy a quant à lui réalisé un score très inférieur aux attentes, mais avec une typologie géographique marquée : en dehors de la spécificité corse, il est particulièrement fort dans les régions du Sud-Est et aussi dans le Nord et le Nord-Est.

Une répartition géographique qui n’est pas sans rappeler celle du vote Front national. Lorsqu’on croise les résultats du FN par département lors du premier tour des dernières régionales en 2015 et le vote pour Nicolas Sarkozy lors du premier tour de la primaire de 2016, la corrélation est très nette (les départements corses et la Sarthe, très spécifiques ici, ont été retirés de la comparaison).

Dans les deux cas évoqués, cela ne permet pas d’affirmer avec certitude qu’une part importante des électorats d’Alain Juppé et de Nicolas Sarkozy au premier tour de la primaire de la droite et du centre viennent respectivement de la gauche et du Front national. Mais c’est toutefois une présomption étayée par une performance relative par département bien corrélée aux caractéristiques géographiques de ces deux votes.